Un monde est passé depuis que je suis venue ici. A vrai dire, plusieurs fois je suis venue et j’en ai commencé des pages et des pages pour essayer de revenir correctement, décrire ce que j’ai vécu et ce par quoi je suis passée. Finalement, je le ferais quand le coeur sera la et comme a mon habitude ici, j’écrirais avec ce que le coeur décide au moment oú il le décide. L’avantage aujourd’hui d’écrire ici, c’est que ca ne me fait pas mal, pas comme lorsque je prend un stylo pour raturer mes feuilles.
Ce soir j’ai de la peine. Je ne suis pas en pleurs, je n’ai pas mal au coeur mais j’ai de la peine et à vrai dire, je crois que j’ai oublié entre le moment ou j’ai écrit le titre et ces derniers mots le pourquoi. Cependant, plein de choses me peine et c’est peut-être le moment que ca sorte.
J’ai de la peine pour plusieurs choses mais pas de la manière où je veux que l’on s’appitoie sur mon sort ou que l’on se dise que je cherche de la pitié ou que je suis à plaindre. J’ai de la peine pour l’être humain. J’ai de la peine pour les valeurs morales. J’ai de la peine pour l’entraide humaine. J’ai de la peine pour l’empathie. J’ai de la peine pour la considération. J’ai de la peine pour la sympathie. J’ai de la peine pour genre 943948 raisons différentes.
Je m’en souviens, ce soir j’ai de la peine pour moi, pour ma solitude, pour mon espoir, pour les autres.
Je me faisais la réflexion, [parce que vous ne le savez pas vu que je ne l’ai encore jamais présenté ici, mais j’ai désormais un piti chat d’amour à la maison] que ca fait plusieurs fois que je demandes a des proches de passer voir ma petite boule d’amour les week ends [rares] ou je ne suis pas à la maison. Gonflée me direz vous. Cependant il faut préciser que j’ai des proches a moins de 2min chrono de la maison en marchant lentement.. c’est dire. Je ne demande pas grande choses, juste un petit coucou ou lui donner une friandise. Peut etre que j’en fais trop et ca ne serait ni la première ni la dernière fois. Cela m’amène à avoir de la peine pour le jour ou je disparaitrais et que personne ne voudra se dévouer pour la garder dans la famille et l’aimer comme je l’aime.
Ce soir j’ai de la peine parce qu’après des années à oeuvrer pour les autres et à m’oublier maintenant que je le fais, je :sparkles: culpabilise :sparkles: . Ce soir je suis triste parce que j’arrive encore à me dire que peut-être que je suis mauvaise et que mon ancienne animosité refais surface. Ce soir j’ai de la peine pour les fois ou j’ose encore croire que l’avis des autres importe plus que le mien. Ce soir j’ai de la peine mais je sais que je la surmonterais encore.
Je passe ma vie à me questionner sur le monde, sur la vie, sur les gens, sur les relations, sur moi-même. Je pense sincèrement que je suis quelqu’un de bien et que j’aspire et arriverais a toujours attraper une encore meilleure version de ma personne. J’aime décortiquer, tout remettre en question, tenter de comprendre, apprendre, lire les mêmes avis que moi et leur contraire. Je fais partie de ceux qui pensent que pour avancer dans la vie il faut sans cesse se remettre en question. Je pense sincèrement que vivre c’est se bousculer et changer constamment. Stagner et rester les même toute sa vie, c’est ne pas bouger de son petit siège sur le quai et manquer tous les trains qui passent.
Cela dit, ca ne m’empêche pas de ressasser et d’avoir encore de la peine. De la peine pour ceux qui ont vu ma détresse et la voit encore mais qui choisissent de fermer les yeux. De la peine pour ceux qui minimisent mes peurs et angoissent que je leur confient. De la peine pour ceux qui préfèrent répondre « mais nooooon » à une peine ou un souci que j’énonce. De la peine pour ceux qui préfère t’ignorer que d’essayer de trouver une solution avec toi ou juste tendre une oreille. De la peine pour ceux qui suivent des avis tout tracés au lieu de se faire le leur. De la peine pour les personnes sans ambitions [même si en soi ce n’est pas un souci et que chacun aspire bien a ce qu’il veut]. De la peine pour nos otages. Une peine infinie. De la peine pour nos soldats qui nous protègent dans le froid, la pluie, la neige, la chaleur, le soleil, le noir, le jour, en toutes circonstances. De la peine pour ces larmes qui n’arrivent pas a couler. De la peine pour ces larmes qui coulent sans qu’on en comprenne l’expression.
Ce soir, j’ai de la peine pour ces femmes qui vivent tellement toutes seules. Pour ces maris qui ont des rêves tronqués. Pour ces enfants qui ne connaissent pas la vie en dehors des écrans. Pour ces gens mariés qui ne sont juste qu’en collocation. Pour ces célibataires pour qui après 20h la solitude pèse plus.
Des fois j’ai envie de me tarter pour toute la peine que je peux ressentir. J’ai surmonté la perte de parents proches, d’amis proches, de ma fifille boule de poil qui représentait tout ce que j’avais de stable à l’époque, à un PUTAIN de cancer, à la pauvreté, la solitude, la peur, la tristesse, la douleur, de ne rien montrer, alors je sais que je surmonterais ca aussi. Je le sais parce que je suis une battante et je ne connais personne qui aurait pu survivre dans ma vie. C’est pour ca que je sais que je surmonterais tout parce que’IL m’a mit dans cette vie tout en sachant pertinemment que je surmonterais absolument tout.
Le sentiment de détresse qui refait surface. La peine qui enserre mon coeur. Les larmes abondantes qui hydratent mes joues. L’incompréhension face à ces sentiments parfois qui s’ínvitent sans prévenir. La peur de ne plus réussir a être aussi forte que j’ai pu l’être. La peur de ressombrer. La peur de ne pas m’en sortir. La peur d’échouer là ou j’ai pu réussir précédemment. La peur de faire mal. La peur de mal faire.
Mais au final, si j’ai pu tout surmonter c’est en me reposant sur LUI. Alors pour toutes les raisons pour lesquelles je pourrais avoir de la peine, je me dis qu’IL résoudra absolument tout. Pour moi. Pour les autres. Pour l’univers ou pour le monde qu’IL a créé pour moi. J’ai ma place dans ce monde et j’ai une mission : la trouver.
Alors malgré toute la peine, la peur ou les larmes, je serre ma main et je sens « la sienne » me tenir fermement et je sais que le bonheur m’attend.
S.