Jeudi, c’est demain et demain sera un putain de jour noir. Depuis dimanche j’ai l’impression que l’on est jeudi et jusqu’à cet instant précis, c’est a dire, 21:21 – hasard d’heure miroir je ne crois pas – je n’avais pas compris pourquoi mon corps et mon esprit avait cette impression.
Ce soir j’ai succombé a mon envie de commander comme un besoin viscéral que je n’expliquais pas, jusqu’à ce moment. Ce moment où j’ai vu ces confirmations qu’ils ont bien été tués.
9 mois et 4 ans. 9 ptn de petits mois et 4 ans au moment de leur enlèvement. 9 mois et 4 ans.
Plus je l’écris et moins je le comprend. 9 mois et 4 ans.
Ariel, Shiri, Kfir, pardon.
Je fais une pause et je cherche un autre mot que pardon, un mot plus fort, un mot qui hurlerait le vide qui m’habite désormais, mais, rien. Alors pardon.
Pardon Yarden, pardon d’avoir passé tant de temps au fond de l’enfer pour être libéré et retomber dans un autre. Pardon.
Que nous sommes misérable avec nos pardons. Que nous sommes ridiculement inutils avec nos pardons. Alors pardon d’être sans pouvoir autre que celui de la prière pour ramener au plus vite la délivrance finale et que tu retrouves les tiens.
J’aurais jamais cru ressentir une fois dans ma vie le coeur qui pleure mais pas les yeux. Tout est vide en moi, mon corps me hurle de pleurer, de sangloter et pourtant je reste la le regard vide sur ces mots que je tape a l’écran. Pour autant, je sens en moi tous les symptomes de ces sanglots qui sortent de mon coeur. J’ai mal mais qui suis je pour exprimer cela face a la famille Bibas qui attend demain comme quelque chose que l’on ne veut pas. On attends sans vouloir ni attendre.
Ce monde me fait peur. Ce monde me répugne. Ce monde me fait vomir.
D’habitude j’ai la plume, là c’est le néant. Juste des pardons qui me viennent a l’esprit.
Pardon.